Interview de Raodath Aminou, co-fondatrice d’Optimiam

Lors du Cleantech Forum 2016, nous avons eu le plaisir d’entendre la présentation d’OptiMiam, et nous avons rencontré Raodath Aminou, la co-fondatrice de la société, qui a accepté de répondre à nos questions !

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Bonjour Raodath Aminou. Vous avez co-fondé Optimiam. Pouvez-vous vous présenter, puis nous présenter votre compagnie ?

Bonjour et bonjour à tous vos lecteurs. Je suis donc Raodath Aminou, co-fondatrice et présidente d’OptiMiam.

OptiMiam est une solution qui aide les commerces de proximité citadins à vendre leurs excédents alimentaires. Une application mobile connecte les consommateurs aux magasins qui vendent leurs surplus sous forme de promotion cash. Il s’agit donc d’un système gagnant-gagnant pour les magasins et les consommateurs.

Comment vous est venue cette idée ?

C’est une anecdote ! Alors que je faisais mes courses dans mon hypermarché habituel, j’ai été interpellée par un vendeur qui vendait ses sushis à -50%, à son initiative, pour éviter qu’ils ne soient jetés. J’ai trouvé cette initiative très intéressante et utile sauf que je n’en aurai jamais eu connaissance si je n’étais pas passé à côté de son stand. L’idée est donc venue de là : je voulais mettre en place une solution digitale pour régler ce problème ? L’idée était de profiter des solutions offertes par le digital pour communiquer ce genre d’infos.

Est-ce que vous pensez changer les habitudes alimentaires des gens, et à terme de la Grande Distribution ? Juste une alternative ?

Si l’on parle des commerçants, on ne pourra probablement pas changer leurs habitudes. Aujourd’hui, pour la grande majorité, ils règlent le problème des excédents alimentaires en jetant. Notre but est donc plutôt de communiquer sur le côté responsable, de nous présenter comme une alternative au gaspillage.

Si l’on se met du côté du consommateur, nous ne nous présentons pas vraiment comme une solution permettant de changer ses habitudes. C’est surtout l’argument « manger moins cher qui prime ». L’action pour la planète ne vient que dans un second temps. Pour vous donner une idée, la tranche d’âge qui consomme le plus notre appli est la tranche 18-25 ans.

Pour l’instant, l’appli est disponible pour tous mais le réseau de commerçants n’est pas encore étendu à la province. L’expansion est une difficulté pour vous ?

Pour le moment, nous nous sommes étendus sur Paris, Nice et Rennes. Je dirais que la difficulté en province reste la même qu’à Paris.

Il est toujours difficile de démarcher les commerçants et d’obtenir leur assentiment. Le changement d’habitudes n’est pas toujours bien accueilli, notamment parce qu’une grande partie d’entre eux n’est pas technophile et ne veut pas forcément prendre part à la révolution numérique. Mais nous disposons de tous les arguments pour lever leurs objections. En ce qui concerne la province, nous avons lancé un programme ambassadeur qui consiste à avoir des relais dans les villes dans lesquelles nous ne sommes pas implantées afin qu’ils démarchent les commerçants de la ville.

Vous avez réussi à vous mettre en partenariat avec de grands noms : Subway, la Brioche dorée, Paul, entre autres. Vous pensez pouvoir aussi toucher les hypermarchés ? La GMS veut-elle se faire chambouler ?

Je ne dirais pas chambouler, mais  les supermarchés ont tout intérêt à utiliser notre service. Nous sommes entrain de lancer des partenariats avec la plupart des acteurs de la distribution alimentaire en milieu citadin. Ils y voient un grand intérêt car ils vendent des produits qui se perdent en grande quantité, mais n’ont pas forcément des quantités assez importantes pour faire déplacer des associations comme les banques alimentaires.

Nous sommes donc une solution idéale pour les supermarchés.

OptiMiam est clairement un produit de la révolution internet. L’idée est rendue possible par les avancées technologiques. Comment voyez-vous l’appli dans 10 ans ?

Pour le moment, la solution s’appelle OptiMiam mais notre but serait de l’étendre à tous les produits en fin de vie, le textile ou l’électroménager par exemple, voire toute autre forme de produits promotionnels.

A terme l’idée serait d’ouvrir l’application et le concept à autre chose.

Au niveau du gaspillage alimentaire, quels sont les principaux obstacles et les leviers de progression ?

Aujourd’hui, pour le petit commerçant, c’est surtout une question de mentalité. La perte de valeur n’est pas encore assez importante pour imposer une rigueur de comportement ou un changement. Ceci dit, les grands réseaux de distribution sont toujours à la recherche de solutions pour limiter les pertes.

Du côté du consommateur, c’est surtout un changement d’habitude. On considère que les français gâchent en moyenne 20 kilos de nourriture par personne et par an simplement parce qu’ils ne font pas attention. Cela représente environ un budget de 400€.  Le problème n’est pas le coût, mais vraiment de leur faire changer d’habitudes.

Bien sûr, les adeptes des circuits courts et des magasins bios, pour caricaturer, sont déjà aussi adeptes de solutions comme OptiMiam.

Vous avez un parcours assez atypique : originaire du Bénin, vous avez travaillé chez Rothschild, puis vous êtes partie pour reprendre des études et « créer quelque chose. » Pouvez-vous nous expliquer ce parcours ?

Je viens d’une famille de commerçants : mes parents étaient commerçants, mes grands-parents aussi. Je voulais vraiment créer quelque chose qui ait du sens, m’épanouir dans quelque chose qui fait sens.

Je n’ai pas trouvé ça dans mes expériences professionnelles précédentes qui étaient de mon point de vue dénuées de sens. Je me suis donc lancée dans l’entreprenariat pour créer la vision que j’avais du monde professionnel.

Merci beaucoup à Raodath Aminou d’avoir partagé ces quelques instants avec nous. Pour plus d’information, vous pouvez visiter le site internet d’OptiMiam. Rappelez-vous que toutes nos interviews sont disponibles sur notre page dédiée !

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