Innovafeed sécurise 51 millions d’euros pour développer ses ingrédients issus d’insectes. L’entreprise parisienne cible l’alimentation animale, le pet food et l’agriculture. Cette opération intervient après une phase d’industrialisation exigeante. Elle confirme l’intérêt des investisseurs pour les biotechnologies appliquées aux ressources durables. Innovafeed bénéficie du soutien de ses actionnaires historiques. La liste comprend Creadev, QIA, Temasek, FFC, ABC Impact et ADM. Les partenaires bancaires participent aussi à l’opération. La société concentre désormais ses efforts sur son site de Nesle. Elle veut accélérer la commercialisation de ses gammes. Pour les professionnels de la greentech, ce mouvement montre une transition nette. La priorité passe du démonstrateur industriel au marché.

L’entreprise développe une technologie fondée sur Hermetia illucens. Cette mouche, aussi appelée mouche soldat noire, produit des protéines et huiles valorisables. Innovafeed entend proposer des alternatives à la farine de poisson. Elle vise aussi certaines huiles végétales utilisées en nutrition animale. Son modèle repose sur des conditions d’élevage contrôlées. La société utilise 3 000 capteurs pour piloter les larves. L’intelligence artificielle limite certaines interventions humaines. Des robots collectent et comptent environ 20 000 œufs chaque seconde. Cette automatisation donne au procédé une dimension industrielle. Elle exige aussi une maîtrise stricte des données biologiques. La biotechnologie devient ici une activité de production continue. Elle rapproche vivant, robotique et traitement de données.
Le bilan opérationnel présenté par Innovafeed attire l’attention. L’unité de Nesle fonctionne désormais pleinement. En trois ans, elle a produit plus de 15 000 tonnes de protéines et d’huile. Les volumes de production ont été multipliés par dix. Les coûts de production ont été divisés par sept. L’entreprise revendique aussi un impact environnemental important. Ses produits réduiraient les émissions de carbone de 70 % à 90 %. Cette comparaison concerne des produits conventionnels. La trajectoire implique cependant une réorganisation. Innovafeed prévoit de réduire certaines activités de R&D zootechnique. Le projet pourrait supprimer 60 postes. Deux tiers concerneraient le site de Gouzeaucourt. Cette décision rappelle une réalité industrielle. La greentech doit conjuguer innovation, compétitivité et responsabilité sociale.
