Des chercheurs américains et sud-coréens testent un procédé transformant des plastiques mélangés en hydrogène. La méthode utilise de l’hydroxyde de sodium pour accélérer la rupture des polymères. Elle fonctionne à une température environ deux fois inférieure à celle d’une gazéification conventionnelle. Le réactif facilite aussi le traitement de plusieurs résines sans tri préalable poussé. Les essais concernent notamment polyéthylène, polypropylène, PET, polystyrène et certains bioplastiques. Des emballages souillés, du papier et plusieurs biomasses pourraient également rejoindre le flux. Cette tolérance constitue l’intérêt principal face aux déchets hétérogènes.

La réaction génère un hydrogène dépassant 90 % de pureté. Elle transforme parallèlement le dioxyde de carbone produit en carbonate de sodium solide. Ce coproduit possède plusieurs usages industriels, selon les chercheurs. Le procédé vise donc une double valorisation, énergétique et minérale. Son bilan dépendra néanmoins du devenir final du carbonate. Certaines applications pourraient libérer ultérieurement le carbone pendant leur transformation. Une analyse complète du cycle de vie devra mesurer cet effet. Les équipes travaillent aussi sur un fonctionnement continu, indispensable pour envisager une installation industrielle.
Les recycleurs devront toujours retirer métaux, verre et contaminants dangereux avant traitement. La technologie pourrait cependant réduire la séparation complexe entre familles plastiques de faible valeur. Elle compléterait alors le recyclage mécanique réservé aux matières propres et homogènes. Les exploitants devront comparer consommation énergétique, réactifs, rendement, pureté et débouchés commerciaux. La manutention continue des solides représente encore une difficulté technique importante. Des flux suffisamment volumineux, réguliers et caractérisés amélioreront probablement l’économie du procédé. Les industriels devront également vérifier les règles applicables à l’hydrogène et au stockage des carbonates. Cette recherche ouvre une voie prometteuse pour des déchets souvent enfouis ou brûlés. Son passage à l’échelle déterminera désormais sa réelle pertinence environnementale. Cette étape reste encore expérimentale.
