Russie – La première centrale nucléaire flottante

La Russie a commencé à construire la première centrale nucléaire flottante au monde il y a 10 ans. Baptisé Akademik Lomonosov, du nom de l’académicien Mikhaïl Lomonosov, ce projet de la société publique russe Rosatom a pris mer.

Le siège de la société publique russe Rosatom

La centrale nucléaire flottante russe mesure 140 m de long et 30 m de large avec un équipage de 69 marins peut atteindre une vitesse moyenne de 4 nœuds, soit 7,5 km/h dans de bonnes conditions. Après sa construction dans le port de Saint-Pétersbourg qui a pris plusieurs années de retard, elle a été déplacée à Mourmansk pour être équipée de 2 réacteurs nucléaires KLT-40s de 35 mégawatts chacun.

Il s’agit d’un projet qui aurait coûté près de 420 millions d’euros, selon certains responsables russes. L’Akademik Lomonosov suscite, cependant, des questionnements de la part de Greenpeace. En effet, la centrale s’arrêtera dans le grand nord sibérien, au large de Pevek, une ville reculée de 5 000 habitants environ.

Par contre, elle sera capable de produire de l’électricité nécessaire pour 100 000 habitants environ, une fois en marche. Le choix des autorités russes pour cette ville serait basé sur deux raisons : premièrement, il s’agirait de remplacer 2 centrales en fin de vie et d’alimenter les populations locales. Deuxièmement, les Russes misent sur le réchauffement climatique et la fonte des glaces dans cette région du globe afin de dynamiser le secteur du pétrole et l’exploitation minière des sous-sols.

Un projet qui inquiète

Bien que les concepteurs de la centrale nucléaire flottante se veulent rassurants en affirmant que les réacteurs de l’Akademik Lomonosov sont invincibles aux tsunamis et autres catastrophes naturelles et que le confinement à double niveau des réacteurs est parfaitement étanche, Greenpeace s’inquiète. En effet, les calculs effectués par Greenpeace montrent que les équipements n’assureraient pas correctement la protection des marins.

D’ailleurs, la centrale se fera ravitailler tous les 2 ou 3 ans en moyenne, ce qui pose question quant au stockage des déchets nucléaires. En effet, durant cette période, ces derniers seront stockés à bord, exposant ainsi l’équipage aux radiations.

Les explications de la firme russe ne convainquent visiblement pas Greenpeace qui s’inquiète et considère ce projet comme un projet à haut risque, car le bateau embarquera de l’uranium enrichi durant son périple.

Le Danemark, la Suède, la Norvège et la Finlande ont d’ores et déjà demandé à être tenus informés de façon régulière tout en exprimant leur inquiétude par rapport à ce projet.

L’Akademik Lomonosov restera, dans un premier temps, à Pevek durant 12 ans avant de revenir à Mourmansk pour des opérations de maintenance et pour charger du carburant. Il sera ensuite reconditionné au centre nucléaire de Maïak avant de retourner à Pevek. Le but étant de faire 3 fois cette boucle.

Author: Domoina

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