Fondée en 2017, la start-up biotech nantaise Goliver Therapeutics, issue d’un spin-off de l’Inserm, visait à révolutionner le traitement des maladies du foie grâce à une thérapie cellulaire innovante. Malgré une reconnaissance scientifique soutenue et un financement public de 1,6 million d’euros obtenu en 2024 dans le cadre du programme France 2030, l’entreprise n’est pas parvenue à convaincre les investisseurs privés. Elle a été placée en liquidation judiciaire début 2026, après avoir échoué à lever entre 7 et 10 millions d’euros nécessaires à la poursuite de son développement.

Le président et fondateur, Tuan Huy Nguyen, pointe le manque d’appétence du capital-risque pour les thérapies cellulaires, un domaine encore marginalisé dans le secteur pharmaceutique. Selon lui, les investisseurs suivent les orientations des grands laboratoires, encore majoritairement focalisés sur les molécules chimiques ou, plus récemment, sur l’intelligence artificielle et l’immunologie. Goliver a pourtant tenté d’élargir son champ de prospection, en sollicitant des fonds en Amérique du Nord et en Australie, où une implantation locale avait même été envisagée. Mais les délais judiciaires n’ont pas permis de finaliser ce projet avant la décision du tribunal.
Aujourd’hui, Tuan Huy Nguyen cherche un repreneur pour sauver les actifs et brevets de Goliver. Il envisage notamment un intérêt potentiel de concurrents étrangers, américains ou asiatiques. Le chercheur déplore également un certain paradoxe dans la politique de soutien à l’innovation en France : bien que l’État, à travers Bpifrance et d’autres dispositifs publics, finance largement les projets à fort potentiel scientifique, les fonds privés soutenus par ces mêmes structures demeurent réticents à s’y engager. Depuis sa création, Goliver avait pourtant levé près de 9 millions d’euros, dont 6 millions d’origine publique.
